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La question d'entraîner les forces ou les faiblesses physiques est obsolète

  • Photo du rédacteur: xavierblanc
    xavierblanc
  • 3 janv.
  • 3 min de lecture

La complexité du football induit qu’il n’est pas un sport qui se construit physiquement sur la seule accumulation d’endurance, de vitesse ou de force, mais par un jeu d’adaptations mutuelles entre les qualités physiques. Cette conception de la performance physique footballistique implique que la préparation physique footballistique ne peut plus être pensée par un modèle d’entraînement additif. Elle s’envisage désormais par des approches glocale, multiplicative et systémique qui ont en commun de rendre obsolète la question de savoir s’il s’agit d’entraîner les forces ou les faiblesses physiques des joueurs.


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Résumé audio de NotebookLM

L’approche glocale

L’approche glocale juxtapose les exigences physiques footballistiques à la singularité de chaque joueur. Dans cette perspective, un phénomène local, comme une micro-tension musculaire, peut altérer une gestuelle entière, perturber la coordination intermusculaire, réduire le relâchement nécessaire à la production de la vitesse footballistique, modifier les appuis ou la respiration dynamique, et fragiliser la fluidité motrice. Le local et le global ne sont donc jamais séparés. Chaque détail corporel, quelle que soit sa nature, a un effet de structure et vice-versa dans une perspective biotensègre.

 

L’approche multiplicative

Dans une approche dite multiplicative, la performance est le produit d’interactions entre posture, coordination, relâchement, tonicité, respiration, prise d’information, mobilité pelvienne, vitesse fonctionnelle et économie du geste. Si un seul de ces facteurs se dégrade, l’ensemble du produit « le physique footballistique du joueur » se péjore. Cette logique explique notamment pourquoi la simple augmentation de la force maximale peut rigidifier, ralentir, désynchroniser ou perturber toute une gestuelle footballistique. Le but, à l’inverse, est que la progression d’un facteur potentialise par interférences positives les autres qualités.

 

Une lecture systémique des qualités des qualités physiques

Dans une perspective systémique, les catégories traditionnelles « forces » et « faiblesses » deviennent inopérantes dans la préparation physique footballistique. En effet, renforcer une force peut renforcer une faiblesse, en amplifiant une asymétrie posturale ou un schéma compensatoire. Renforcer une faiblesse peut renforcer une faiblesse, si l’intervention augmente la tension locale ou rigidifie un segment déjà fragile. Mais renforcer une faiblesse peut aussi renforcer une force, lorsqu’on restaure une synergie ou un chaînon manquant, améliorant ainsi le niveau de coordination du joueur. Enfin, renforcer une force peut renforcer une force, lorsque l’on consolide une dynamique positive de développement. L’enjeu devient alors de déterminer non pas quoi renforcer, mais quel levier systémique déclenche une dynamique positive centrifuge de développement des qualités physiques.

 

Cette non-linéarité des effets montre que l’enjeu n’est pas de choisir un segment à développer, mais d’identifier les leviers d’organisation systémiques, autrement dit les interférences positives qui déclenchent une dynamique vertueuse de renforcement. Cette dynamique vise la réduction des tensions parasites, l’amélioration de la fluidité, l’équilibration posturale, l’économie du geste, la répétition de l’effort maximal, la disponibilité cognitive et la capacité à réagir sans perte de coordination.

 

Conclusion

Aussi, entraîner physiquement un joueur ne revient pas à corriger des déficits isolés ou à amplifier des qualités considérées comme indépendantes. Il s’agit de rééquilibrer un écosystème, de préserver la cohérence du mouvement, de mobiliser les leviers multiplicatifs et d’articuler local et global dans une logique glocale.

 

Chaque exercice, chaque charge, chaque contrainte devient une intervention dans un système, où l’effet local génère une cascade d’adaptations globales et vice-versa. Ainsi, la question traditionnelle faut-il entraîner d’abord les forces ou les faiblesses apparaît obsolète. Elle repose sur une vision segmentaire et linéaire du corps, incompatible avec le football d’aujourd’hui.

 

Ainsi, la performance n’émerge ni d’une accumulation de qualités ni d’une correction séparée de déficits, mais d’un équilibre dynamique, d’une multiplication cohérente de facteurs de développement, d’une organisation systémique façonnée par la singularité glocale du joueur.


C’est pourquoi il s’agit de concevoir le préparateur physique footballistique non comme un technicien qui renforce ou corrige, mais comme un architecte de l’écosystème corporel, capable d’orchestrer les interactions internes du joueur, de détecter les microtensions significatives, de faciliter l’économie du geste, et d’inscrire chaque intervention dans une logique de cohérence globale plutôt que dans une logique de segmentation.


Dans cette vision, la préparation physique footballistique n’est plus une succession de séances dédiées à des qualités isolées, mais une démarche contextualisée et individualisée, visant l’harmonisation, la fluidité, la vitesse et la durabilité du système corporel du joueur.

 
 
 

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