La question de la « réserve autonome de protection » dans la préparation physique footballistique


Le football impose aux joueurs une contradiction fondamentale. Il doit être capable de produire des actions à intensité maximale par des accélérations, des décélérations, des changements de direction, des sauts, des duels, des frappes tout en étant capable de répéter de façon de plus en plus saccadée ces actions du début à la fin d’un match. Il doit donc être capable de produire, mais également de répéter, de récupérer et surtout de conserver la qualité de sa gestuelle footballistique malgré la fatigue qui l‘envahit progressivement.

La préparation physique footballistique se trouve précisément au cœur de cette tension. Car pour préparer le joueur aux contraintes footballistiques, il faut précisément le contraindre. Mais que se passe-t-il lorsque la contrainte d'entraînement devient elle-même une limitation de l'expression énergétique du joueur ? Le problème de la préparation physique footballistique n'est alors pas seulement de savoir comment développer les ressources énergétiques du joueur. Il est aussi de savoir comment faire pour que ce dernier puisse exprimer les ressources dont il dispose déjà.
En effet, disposer d'une énergie potentielle ne signifie pas nécessairement pouvoir et savoir pleinement l'exprimer. Un joueur peut avoir les capacités musculaires, énergétiques et neuromusculaires nécessaires pour se déplacer plus vite, accélérer plus fort ou répéter davantage d'actions, tout en ne les exprimant pas pleinement. Tout simplement parce que son organisme n’utilise pas toutes ses ressources car il (se) protège par son cerveau dont la fonction est notamment de limiter toutes dépenses énergétiques pour assurer sa (sur)vie.
Ce constat constitue le point de départ de la présente réflexion sur la « réserve autonome de protection ». L'enjeu réflexif n'est pas de savoir comment supprimer cette protection pour performer plus. Il est plutôt de comprendre comment la préparation physique footballistique augmente parfois mécaniquement cette protection afin de résoudre cette problématique. Autrement dit, plus le joueur apprend à produire un état où son expression énergétique est contrainte, plus il freine cette production.
Cette pensée ne doit évidemment pas être comprise comme une loi physiologique établie. Elle constitue une hypothèse de réflexion permettant de questionner la qualité de la performativité de la préparation physique footballistique. Elle conduit à déplacer la question de savoir « comment faire pour produire davantage ? » en « comment permettre au joueur d'exprimer davantage ce qu'il possède déjà, avec moins de coûts donc sans augmenter inutilement ses mécanismes de protection ? »
1. Comprendre la « réserve autonome de protection »
1.1. La « réserve autonome de protection » selon Frans Bosch
Dans son approche de la préparation physique intégrée, (Préparation physique, une approche intégrée de l'entraînement de force et de coordination, Editions Physiques performances, Lyon, 2018). Frans Bosch utilise la notion de « réserve autonome de protection » pour conceptualiser l'existence de mécanismes qui limitent l'expression maximale des capacités musculaires. Il rapporte notamment l'idée selon laquelle la contraction musculaire volontaire maximale ne permettrait pas de recruter la totalité des fibres musculaires disponibles. Son chiffre limite de 75 % doit cependant être manié avec prudence. Il ne constitue pas une constante physiologique universelle permettant d'affirmer qu'un joueur disposerait exactement de 25 % de force « cachée ». Il s'agit davantage d'un modèle permettant de penser les mécanismes de protection qui limitent l'expression maximale des capacités. La notion devient alors intéressante non pas pour sa valeur numérique, mais pour ce qu'elle permet de comprendre.
L'organisme ne cherche pas systématiquement à exprimer tout ce dont il est capable. Il cherche à produire le minimum nécessaire pour préserver son intégrité. Autrement dit, l'absence d'expression d'une capacité ne signifie pas nécessairement une absence de capacité. Il peut exister une différence entre ce que le joueur possède, ce qu'il peut exprimer et ce qu'il accepte ou est capable d'exprimer dans une situation de jeu donnée. Cette différence est précisément le territoire de la préparation physique footballistique.
1.2. La « réserve autonome de protection » au sens large
Sur la base de la définition de Frans Bosch, la notion de « réserve autonome de protection » au sens large désigne un mécanisme de régulation par lequel l’organisme limite l’expression de certaines de ses capacités physiques afin de préserver son intégrité en évitant de puiser dans ses ressources. Comme elle structure ainsi le fonctionnement d’un joueur, elle correspond à l’écart qui peut exister entre ce qu’il possède comme potentiel et ce qu’il est effectivement capable d’activer pour s’exprimer dans une situation donnée.
Un joueur peut ainsi disposer des capacités musculaires, énergétiques et neuromusculaires nécessaires pour se déplacer plus vite, accélérer plus fortement ou répéter davantage d’actions, sans pour autant être en mesure d’exprimer ces capacités. En effet, l’organisme ne cherche pas en permanence à utiliser toutes les ressources dont il dispose. Il régule leur mobilisation en fonction des contraintes auxquelles il est soumis et de ses capacités d’expression. Cette régulation peut être considérée comme une forme de protection permettant de préserver les ressources et l’intégrité de son être.
La « réserve autonome de protection » se situe donc entre la capacité potentielle d’expression du joueur et son expression réelle. Tous les joueurs possèdent un certain potentiel, mais ce potentiel ne leur est pas nécessairement entièrement accessible à chaque instant. Ce qu’ils peuvent exprimer dépend notamment de leur état de fatigue, de leur qualité de coordination, de leurs tensions musculaires, de leur organisation posturale, de leurs contraintes mécaniques, de leur perception de l’effort et des exigences de leur situation de jeu. Plus les conditions nécessaires à l’expression d’une capacité deviennent coûteuses, plus l’organisme peut avoir intérêt à limiter cette expression.
Dans cette perspective, une protection ne constitue pas forcément un obstacle à la performance. Elle représente d’abord une fonction de régulation car l’organisme ne cherche pas à produire le maximum possible. Il existe donc une différence entre ce que le joueur possède, ce qu’il peut exprimer et ce qu’il exprime réellement dans une situation donnée. C’est précisément cet espace que permet d’interroger la notion de « réserve autonome de protection ».
Si un joueur est placé régulièrement dans des situations où la fatigue, les tensions ou les contraintes mécaniques l’empêchent de conserver une gestuelle de qualité, il peut être amené à produire davantage d’effort pour obtenir une performance moindre. De fait, il se déplace avec davantage de tensions. Il accélère avec une coordination dégradée. Il répète les actions en perdant progressivement leur qualité. Dès lors, l’énergie dépensée augmente tandis que la performativité de l’expression de sa gestuelle footballistique diminue.
Dans ce cas, le problème n’est pas nécessairement l’absence de ressources. Il réside dans le coût nécessaire pour les exprimer. Une action qui devient excessivement coûteuse conduit l’organisme à davantage se protéger. La « réserve autonome de protection » peut ainsi être envisagée comme une réponse aux conditions trop coûteuses d’une performance.
Cette approche conduit à comprendre que l’objectif d’une préparation physique footballistique n’est pas de supprimer cette « réserve autonome de protection ». Il s’agit plutôt de réduire les situations qui engendrent cette protection. Si le joueur apprend à mieux coordonner ses mouvements, à réduire les contractions musculaires inutiles, à améliorer son équilibration, à mieux gérer ses appuis, à se relâcher et à récupérer performativement, ses actions deviennent moins coûteuses. L’organisme peut alors permettre une expression plus importante des capacités disponibles car il n’a pas besoin de faire appel à sa « réserve autonome de protection ».
Celle-ci peut donc être définie « comme un espace de régulation entre le potentiel du joueur et son expression effective ». Elle ne représente pas une réserve fixe de capacités inexprimées, mais un mécanisme permettant à l’organisme d’adapter le niveau d’expression de ses ressources aux contraintes du moment. L’enjeu de la préparation physique footballistique n’est alors pas de vider cette réserve pour obtenir plus de capacités, mais de permettre au joueur d’exprimer progressivement une plus grande partie de ses capacités avec moins de coûts.
Dans cette perspective, la performance footballistique ne dépend pas uniquement de la quantité de ressources dont dispose le joueur. Elle dépend également de la quantité de ses ressources qu’il est capable d’exprimer, de la qualité avec laquelle il peut les exprimer et de sa capacité à les conserver temporellement avec efficience. La « réserve autonome de protection » devient ainsi un concept permettant de réfléchir au passage entre capacité potentielle, capacité exprimable et performance réellement produite sur le terrain.
2. Quand la contrainte d'entraînement devient un frein à l'expression
2.1. La préparation physique footballistique est un problème d'expression
La préparation physique footballistique actuelle est largement construite autour de l'idée de développement des qualités physiques, soit plus de force, de vitesse, d'endurance et de capacité à répéter les efforts. Cette logique n'est évidemment pas sans intérêt. Mais elle peut devenir insuffisante lorsqu'elle considère le joueur comme un ensemble de qualités physiques qu'il suffirait d'additionner. En effet, cette logique implique que plus on en fait, meilleur on est. Cela induit que l’on devrait toujours plus entraîner les joueurs pour performer. Il n’y a dès lors plus de limite. C’est ce qui explique, en riant tristement, que certains joueurs, au vu de leur entraînement physique pourraient absurdement enchaîner plusieurs matchs dans une journée tout en étant fatigués du début à la fin. Ce n’est pas ce que demande physiquement le football. Il demande d’être frais tout en étant capable de répéter des actions rapides le temps d’un seul match.
Le football n'est pas une juxtaposition indépendante additionnelle de qualités. Un joueur ne se déplace jamais simplement « vite ». Il se déplace dans une direction, avec une intention, une posture, une équilibration, une perception de l'espace, une information à traiter et souvent un ballon à conduire, donc à maîtriser techniquement. La vitesse footballistique est alors une expression corporelle coordonnée. C'est précisément ce que montre et entraîne mon école de la vitesse footballistique (EVF). Optimiser la vitesse ne consiste pas uniquement à augmenter quantitativement la capacité d’un « moteur corporel », mais d’abord à supprimer les « freins à main » qui empêchent ce moteur de s'exprimer.
L'objectif est alors de gagner de l'espace et du temps avec moins d'effort, notamment par une amélioration technico-coordinative de la gestuelle footballistique. La performance ne consiste alors pas seulement à produire davantage d'énergie. Elle consiste déjà à ne pas gaspiller celle qui est déjà disponible. C'est ici que la notion d'efficience devient essentielle.
2.2. La préparation physique footballistique qui empêche le joueur d'exprimer son énergie
Il y a une problématique qui me paraît insuffisamment interrogée dans la préparation physique footballistique. Est-ce que ce n’est pas parfois cette dernière qui empêche le joueur d'exprimer son énergie ? La question peut sembler paradoxale. Nous entraînons précisément le joueur pour qu'il puisse produire davantage. Pourtant, certains contenus d'entraînement imposent une accumulation de fatigue métabolique, neuromusculaire et perceptive telle que le joueur ne peut plus exprimer la qualité de mouvement recherchée. Il continue de s’entraîner mais il ne peut plus réellement s'exprimer par « manque de cœur à l’ouvrage ». Il se déplace, mais il ne se déplace plus de la même qualité. Il accélère mais il ne peut plus accélérer avec la même amplitude, la même coordination ou le même relâchement. Il produit un effort mais cet effort devient progressivement un effort de compensation. La quantité d'énergie dépensée alors augmente tandis que la qualité de son expression diminue.
Nous sommes ainsi devant un paradoxe. Le joueur dépense davantage mais exprime moins. Si cette situation devient une caractéristique répétée de l'entraînement physique footballistique, une nouvelle question apparaît « l'organisme ne va-t-il pas avoir intérêt à augmenter sa protection face à une situation qu'il considère comme systématiquement trop coûteuse ou délétère ? ».
C'est ici que je propose de mettre en relation l'expression énergétique et la « réserve autonome de protection ». Lorsque l'expression énergétique est libérée, c’est-à-dire coordonnée et maîtrisée élégamment, le coût de la performance physique footballistique diminue. Lorsque cette expression est constamment empêchée par la fatigue, les tensions, les déséquilibres ou une mauvaise coordination, ce coût augmente. Or plus ce coût augmente, plus le « sentiment de devoir avoir recours » à ce mécanisme de protection peut devenir prégnant, respectivement urgent. La préparation physique footballistique ne consiste donc pas à développer plus d'énergie, elle doit d’abord contribuer à rendre l’utilisation de cette énergie plus fluide pour qu’elle coûte moins tout en rapportant plus.
2.3. Le paradoxe énergétique de la préparation physique footballistique
La préparation physique footballistique cherche traditionnellement à augmenter la tolérance à l'effort. Mais il existe une différence fondamentale entre tolérer une contrainte et être capable de s'exprimer sous cette contrainte.
Un joueur peut être capable de supporter une séance extrêmement difficile sans pour autant avoir développé sa capacité à produire une vitesse footballistique de qualité. Il peut avoir appris à supporter la fatigue, mais a-t-il appris à mieux se déplacer ? Il peut avoir appris à tolérer l'acidose, mais a-t-il appris à récupérer plus rapidement ? Il peut avoir appris à poursuivre l'effort malgré la fatigue, mais a-t-il appris à conserver sa coordination ? C'est toute la différence entre entraîner la méforme et entraîner la forme. De fait, une préparation physique footballistique peut produire beaucoup de fatigue sans produire proportionnellement beaucoup de progression. Elle peut même, en cas de malfaçon, conduire le joueur à développer des stratégies de protection pour sauver ce qui peut encore l’être.
Dans ce cadre, Jean-Pierre Egger a proposé une affirmation particulièrement stimulante, à savoir que « Dans la surcharge, on ne déplace pas ses limites, on les dépasse ». Cette affirmation m’a permis, en la discutant critiquement, d’introduire une autre conception pour l’entraînement footballistique, c’est-à-dire « les limites sont indépassables parce qu'on peut les déplacer ».
Ces deux formulations correspondent à deux philosophies de l'entraînement physique. La première induit que le joueur a atteint l’absolu de ses capacités physiques que l’on essaie encore de bonifier en les dépassant. La seconde considère sa limite comme une frontière mobile parce que le joueur n’a pas atteint sa pleine capacité. De fait, l’entraînement physique footballistique vise ici à déplacer les limites actuelles des joueurs pour qu’elles se rapprochent des valeurs de leurs limites absolues.
Le préparateur physique footballistique (PPF) n'a donc pas nécessairement pour mission de convaincre le joueur de dépasser sa limite. Il doit d'abord chercher à lui permettre d'atteindre réellement le niveau d'expression physique dont il est capable. Cette nuance est considérable. Elle conduit à passer du dépassement à l'expression. De la souffrance à l'adaptation. De la surcharge à la précision et surtout de la recherche de ressources supplémentaires par une approche quantitative à la libération des ressources déjà présentes par une approche qualitative de l’entraînement physique footballistique.
2.4. L'énergie empêchée devient-elle une énergie protégée ?
Cette question constitue le cœur de ma réflexion. Imaginons un joueur qui dispose d'une capacité énergétique importante, mais il souffre de « forcite » et de « précipitationnite », c’est-à-dire qui possède des tensions musculaires inutiles, une mauvaise organisation posturale, une coordination désordonnée, une précipitation dans ses appuis par une surfréquence et une amplitude de foulée limitée, une mauvaise dissociation entre le haut et le bas du corps, une fatigue accumulée et une perception excessive du coût de l'effort. Son énergie existe. Mais son expression est empêchée. Le joueur doit alors produire avec davantage de charges internes que ce qu’une gestuelle footballistique demanderait. Pire, il est susceptible de dépenser plus pour un résultat moindre. C'est exactement l'inverse de l'efficience. Dans cette perspective, l'augmentation de la « réserve de protection » n’est pas nécessairement la conséquence d'une diminution des capacités. Elle peut être pensée comme la conséquence d'une augmentation du coût nécessaire pour les exprimer.
Plus une action devient coûteuse, plus il devient sagace pour un organisme de ne pas exprimer inutilement toutes les ressources disponibles. Cela permet de formuler une hypothèse simple. L'énergie que le joueur ne peut pas exprimer performativement devient, en quelque sorte, une énergie qu'il protège. La « réserve autonome de protection » n’est donc pas seulement à considérer comme un frein qui est mobilisé lorsque les stimuli sont « au-dessus » des capacités de performance du joueur. Elle peut également être interrogée à partir des conditions qui rendent la performance coûteuse.
2.5. Le paradoxe de la préparation physique qui engendre plus de fatigue mais exprime moins
Dans le cadre du modèle de surcompensation, la surcharge demeure évidemment nécessaire à l'entraînement. Mais la surcharge ne signifie pas nécessairement une fatigue maximale. De plus, deux séances peuvent présenter une charge externe objectivement comparable et demander aux joueurs des charges internes très différentes. Inversement, une séance relativement courte peut produire une adaptation importante si elle est suffisamment précise, spécifique et qualitativement exigeante.
En rejoignant Paracelse, pour qui « le poison est dans le dosage », le problème devient alors celui du dosage. Pour performer… quelle quantité de contrainte est nécessaire ? Quelle quantité est inutile ? À partir de quel moment la fatigue empêche-t-elle précisément la qualité que l'on cherche à développer ? À partir de quel moment le joueur ne développe-t-il plus sa capacité à s'exprimer, mais sa capacité à composer avec son impossibilité de s'exprimer ?
Cette dernière question mérite d'être posée. Car entraîner régulièrement un joueur dans un état où il ne peut plus se déplacer correctement, se coordonner correctement ou produire correctement peut avoir pour conséquence de normaliser cette expression dégradée. On entraîne donc sa fatigue alors que celle-ci n’est pas une qualité physique. Le joueur apprend alors à performer avec des freins. Or l'objectif d’une préparation physique footballistique efficiente est exactement inverse. Elle doit apprendre au joueur à supprimer ses freins.
2.6. Entraîner la forme plutôt que la méforme
Je l’ai déjà écrit ci-dessus. Une séance extrêmement difficile n'est pas nécessairement une séance extrêmement productive. Elle peut provoquer une fatigue importante, des douleurs musculaires, une baisse de disponibilité, une altération de la coordination, une diminution de la vitesse, une diminution de la qualité technique et une récupération prolongée. Mais aucun de ces éléments ne constitue en lui-même une preuve d'adaptation physique positive. Le sentiment d'avoir « beaucoup travaillé » ne peut donc pas être utilisé comme indicateur de performativité. La question doit être différente… Qu'est-ce que le joueur fait de mieux, une fois l'adaptation réalisée ?
S'il peut se déplacer plus vite, mieux se coordonner, mieux répéter ses actions, mieux récupérer et conserver davantage de qualité, alors la fatigue engagée avait un sens. Mais si cette fatigue empêche surtout l'expression de ces qualités, il faut interroger la sagacité de cette dépense. La fatigue n'est pas la finalité. L'adaptation l'est.
3. Libérer l'expression énergétique par l'efficience
3.1. De l'énergie chimique à l'énergie mécanique
C'est ici que mon école de la vitesse footballistique (EVF) a l’ambition d’apporter une plus-value pour l’entraînement physique footballistique. Son objectif d'optimisation de la vitesse footballistique n'est pas simplement de demander au joueur de produire plus. Il consiste à rechercher les conditions permettant à son énergie d'être utilisée plus performativement par et dans sa gestuelle footballistique.
La technique de déplacement devient alors un problème énergétique. Une mauvaise organisation corporelle peut provoquer des (co)contractions inutiles. Une mauvaise posture peut limiter l'amplitude corporelle. Une mauvaise coordination peut (dé)multiplier les corrections. Une précipitation peut interrompre le développement naturel de la foulée. Un déséquilibre peut obliger le joueur à utiliser ses bras ou d'autres segments pour se rééquilibrer. Le joueur dépense alors de l'énergie pour corriger ce qu'il vient lui-même de créer pour pouvoir simplement jouer. Le tout représente des dépenses énergétiques improductives. Le joueur utilise son énergie non pas d’abord pour performer mais pour être en mesure ensuite de performer. Produire une gestuelle footballistique lui coûte donc plus.
L'EVF cherche au contraire à supprimer ces « freins à main et/ou blocages ». L'alignement épaule-bassin-pied, la dissociation du haut et du bas du corps, la qualité des appuis, l'harmonisation corporelle, le relâchement, la coordination et l’équilibration corporelle participent ainsi d'une même intention qui est de libérer l'énergie mécanique de la vitesse. Le joueur devient plus vite, car il devient capable de mieux utiliser son énergie, respectivement ses capacités physiques.
3.2. Le relâchement est la première condition de l'expression footballistique
Il existe dans le football une curieuse confusion entre effort et contraction. Comme si produire plus nécessitait nécessairement de contracter davantage en forçant le mouvement par « forcite ». Or l'un des principes de l'EVF est précisément de rechercher le relâchement. Pourquoi ? Parce qu'un mouvement performant ne consiste pas à contracter tout ce qui peut l'être. Il consiste à contracter ce qui est nécessaire, au moment nécessaire, avec la bonne intensité et dans la bonne direction. Le reste doit se relâcher, sinon le risque est de gripper le tout.
Le relâchement n'est donc pas l'absence d'engagement. Il est une condition de l'engagement efficient. C'est pourquoi le joueur qui cherche à aller vite en forçant gaillardement sa gestuelle footballistique va paradoxalement aller moins vite. Il dépense davantage. Il se rigidifie. Il raccourcit son mouvement. Il perd sa capacité d'adaptation. Il augmente ses corrections. Il produit finalement plus d'efforts pour moins de vitesse. L'énergie est bien là mais elle est mal canalisée donc très mal utilisée.
3.3. Le cerveau comme régulateur de l'expression footballistique
Le problème ne peut cependant pas être réduit à la mécanique corporelle. Le joueur est un système perceptif, cognitif, émotionnel et moteur. Son cerveau régule en permanence sa gestuelle footballistique. Dès lors, il n’aime pas nécessairement que l'on remette en question son organisation motrice devenue habituelle. C'est pourquoi les exercices visant à modifier la gestuelle footballistique peuvent être vécus comme une véritable agression inconsciente d’un fonctionnement corporel.
Dans ce cadre, le joueur « sent et/ou perçoit » souvent les défauts moteurs de son schéma corporel comme la normalité. Il ne ressent donc pas nécessairement ses limitations comme des limitations. Son cerveau l’a conditionné à croire que sa gestuelle footballistique est juste, car sans blocage, alors qu’elle ne correspond pas à la qualité footballistique demandée. Il ressent simplement « sa manière de se déplacer ». L'apprentissage consiste alors à lui permettre de découvrir une autre possibilité de mouvement. C'est ici que le ressenti encadré par la technique devient essentiel. La vitesse n'est pas uniquement une donnée chronométrique. Elle est aussi une sensation technique de projection, de relâchement, d'équilibre, de facilité et d'aller vite sans forcer. Cette sensation doit être vécue pour être corrigée.
Cette dimension rejoint directement la problématique de l'expression énergétique. Car avant de produire davantage, le joueur doit apprendre à son corps, et que celui-ci l’autorise, à produire autrement par correction.
3.4. La vitesse footballistique comme apprentissage de la facilité
Le statut de la vitesse footballistique peut alors être réévalué. Elle n'est pas uniquement une capacité à produire une combinaison pertinente de fréquence ainsi que d’amplitude. Elle est aussi la manifestation d'une coordination suffisamment maîtrisée et établie pour permettre au joueur d'agir rapidement sans mobiliser inutilement des ressources inutiles. Dans cette perspective, vite et efficient sont la face et le pile d’une même pièce.
En conséquence, l'objectif premier n'est pas d'augmenter la puissance du moteur. Il consiste à réduire les résistances internes qui empêchent ce moteur de bien, ou mieux, fonctionner. À cette fin, mon EVF cherche à faire gagner, avec moins d'effort, de l'espace et du temps lors des premiers appuis. Le joueur doit pouvoir parcourir davantage de distance pour un même temps de réalisation, tout en mobilisant moins d'énergie chimique et mécanique. Cela signifie que l'amélioration de la performance peut provenir de deux directions qui sont d’augmenter la capacité ou de réduire ce qui empêche son expression. La seconde voie est trop souvent sous-estimée.
3.5. La récupération comme condition d'expression énergétique
La présente réflexion conduit naturellement à discuter du statut de la récupération de l’entraînement physique footballistique. Récupérer ne signifie pas simplement « ne plus être fatigué ». Cela signifie retrouver la capacité alacrite à s'exprimer. Le joueur doit pouvoir produire une action maximale, récupérer, reproduire l'action, conserver sa coordination, maintenir sa vitesse, préserver sa précision technique et rester disponible cognitivement.
La récupération devient ainsi une composante de la performance. Un joueur qui récupère mal n'est pas seulement un joueur fatigué. C'est un joueur dont la capacité d'expression est progressivement réduite. Il dispose toujours de ses qualités mais elles deviennent de moins en moins accessibles. La préparation physique footballistique doit donc chercher à réduire la vitesse à laquelle le joueur perd son expression de qualité et augmenter la vitesse à laquelle il la retrouve par un véritable entraînement de la récupération et de ses facultés de récupération inter-effort.
3.6. La coordination comme libération énergétique
C'est ici que mon EVF rejoint substantiellement la conception intégrée de la Chose de Frans Bosch. La force, la vitesse et l’endurance ne sont pas des qualités complètement indépendantes. Elles ont un socle commun qui est la coordination. Une meilleure coordination permet de réduire les contractions inutiles. Une meilleure coordination intermusculaire permet de limiter les résistances internes. Une meilleure organisation posturale permet de mieux transmettre les forces. Une meilleure maîtrise les déséquilibres footballistiques permet de produire de la vitesse avec moins de dépenses inutiles.
Une coordination intermusculaire de qualité, ou synergisme, devient ainsi un véritable mécanisme d'économie énergétique en réduisant la fatigue par plus de facilité. Mais il ne faut pas comprendre cette économie comme une réduction de l'engagement. Économiser n'est pas faire moins. C'est ne pas dépenser inutilement ce qui pourrait être consacré à la performance.
3.7. Le joueur expert produit davantage en utilisant moins
La progression d’un joueur ne doit donc pas être pensée uniquement comme une augmentation potentielle de ses capacités. Elle peut également être pensée comme une augmentation de la quantité de capacité qu'il peut exprimer.
Le joueur novice dépense beaucoup pour produire peu. Le joueur entraîné produit davantage pour un coût équivalent, voire moindre. Le joueur expert peut produire une performance élevée tout en conservant une réserve énergétique importante. C'est probablement là que réside une partie essentielle de l'excellence.
L'excellence ne consiste donc pas nécessairement à utiliser davantage de ressources. Elle peut consister à produire davantage en utilisant moins. L’expert n'est donc pas forcément celui qui dépense le plus. Il est celui qui sait le mieux transformer ses ressources en performance.
4. Vers une préparation physique footballistique de l'expression et de « l'excellence de soi »
4.1. Réduire ou rendre moins nécessaire la « réserve autonome de protection » ?
Comme je l’ai déjà suggéré ci-avant, il est tentant de déduire de « la réserve autonome de protection » des joueurs que la préparation physique footballistique doit chercher, pour augmenter leur performativité, à « la réduire ». C’est pourtant une erreur. Une réserve de protection a précisément une fonction de protection. La supprimer serait malvenue pour l’intégrité des joueurs. L’objectif d’une préparation physique footballistique est donc plutôt de savoir « comment faire pour qu’un organisme ait moins souvent besoin de protéger ses ressources ? »
Cette nuance change complètement la conception de l'entraînement physique footballistique. Si le joueur apprend à mieux coordonner sa gestuelle footballistique, il réduit ses dépenses inutiles, récupère mieux, gère mieux ses déséquilibres et produit avec moins de tension, alors certaines situations peuvent devenir moins coûteuses. L'organisme n'a alors plus besoin de mobiliser le même niveau de protection.
Il ne s'agit donc pas de rendre inutile une « réserve autonome de protection ». Il s'agit de déplacer les conditions dans lesquelles elle devient nécessaire. C'est précisément la logique de l'adaptation footballistique que je défends dans l’entraînement physique footballistique, à savoir que la limite absolue n'est pas nécessairement la Chose à dépasser. En effet, avant de pouvoir la franchir, il s’agit progressivement de déplacer les limites actuelles des joueurs pour qu’elles deviennent in fine de vraies limites. Autrement dit, qu’ils utilisent pleinement leurs capacités.
4.2. La préparation physique footballistique comme gestion du capital énergétique
Le joueur possède un capital fonctionnel constitué de ressources énergétiques, neuromusculaires, coordinatives, attentionnelles, émotionnelles, mécaniques et récupératives. Chaque séance prélève une partie de ce capital. Mais une séance bien conçue ne cherche pas nécessairement à en prélever le maximum.
Elle cherche à investir la quantité de ressources nécessaire pour produire l'adaptation recherchée. On peut ainsi proposer que la charge utile « c’est l’adaptation recherchée divisée par le coût physiologique et fonctionnel accepté ». Il ne s'agit évidemment pas d'une équation mathématique au sens strict. Il s'agit d'un principe de raisonnement. La préparation physique footballistique devient alors une science de l'allocation des ressources qui doit prendre en considération une donnée essentielle. L'énergie qui est dépensée inutilement ne peut plus être utilisée pour exprimer son football.
4.3. De la surcharge à la « juste charge »
La surcharge est fixée en fonction de la question « quelle contrainte supplémentaire puis-je imposer ? » La juste charge répond à une question différente « quelle contrainte supplémentaire est nécessaire aujourd'hui pour produire l'adaptation recherchée sans compromettre les performances présentes et futures ? «
La première logique valorise principalement la perturbation. La seconde valorise la juste relation entre perturbation et adaptation. Mais ce juste ne signifie pas que l'entraînement physique footballistique est facile. Bien au contraire, l’idée est de rendre la difficulté facile, ce qui est bien difficile. Un entraînement efficient peut être extrêmement exigeant, dans le sens qu’il est productif. Il nous faut donc distinguer dans l’entraînement physique footballistique l'intensité utile, l'intensité inutile, la fatigue nécessaire, la fatigue résiduelle, le stress adaptatif, le stress perturbateur, l'expression et l'empêchement énergétiques.
Cette dernière distinction me semble particulièrement sagace. Car il existe une différence entre demander au joueur d'utiliser ses ressources et le placer dans des conditions où il ne peut pas les utiliser correctement.
4.4. Atteindre ses limites absolues plutôt que les dépasser
Au risque de me répéter, dans le football, le PPF n'a pas nécessairement pour mission de demander au joueur de dépasser sa limite absolue. Il doit d'abord l'aider à s’en rapprocher en atteignant ce qu'il est réellement capable de faire.
Cette différence change profondément le contenu de l'entraînement physique footballistique. Si je considère que le joueur est à 100 % lorsqu'il a la sensation d'être à 100 %, je peux chercher à lui imposer davantage de contraintes pour qu'il dépasse cette sensation. Si je considère au contraire qu’il est à 60% de ses capacités alors que sa sensation est d’être à 100 %, alors mon travail de PPF consiste à l'aider à rapprocher progressivement ces deux pourcentages. Il ne s'agit plus de lui demander « peux-tu encore faire ? » mais « peux-tu encore mieux t'exprimer ? » Cette question est beaucoup plus footballistique.
4.5. Une préparation physique footballistique de l'expression plutôt que de la charge
La préparation physique footballistique peut alors être redéfinie. Elle n’est plus seulement l'ensemble des processus destinés à développer les qualités physiques du joueur. Elle est « l'ensemble des processus permettant au joueur d'exprimer, de répéter et de récupérer des actions footballistiques de haute qualité sous contraintes, tout en réduisant progressivement les coûts énergétiques, mécaniques, neuromusculaires et émotionnels nécessaires à leur réalisation ».
Cette définition introduit une notion nouvelle qui est l'expression. La performance physique footballistique n'est pas seulement une capacité. Elle est une capacité exprimée. Entre les deux existent tout un ensemble de mécanismes de régulation, de coordination, de protection, de perception et d'apprentissage. La préparation physique footballistique doit donc travailler sur, dans et par cet espace d’expression.
4.6. Vers une préparation physique de « l'excellence de soi »
L'excellence n'est alors pas nécessairement le dépassement permanent de soi. Elle peut être comprise comme la capacité à devenir progressivement davantage ce que l'on est, ou capable d'être. Le footballeur devient alors un artisan de sa propre performance.
Il ne cherche pas à se casser pour se reconstruire. Il cherche à se construire continuellement avec l’aide maïeutique de son PPF. Il affine son geste. Il développe sa cohérence d’action. Il améliore sa coordination. Il apprend à mieux utiliser ses ressources. Il devient progressivement capable de faire facilement ce qui lui demandait difficilement auparavant beaucoup d'efforts. Mais cela ne signifie pas que le joueur doit être robotisé dans un geste idéal. Il doit découvrir sa propre manière efficiente d’exprimer sa vitesse, en respectant sa personnalité morphologique, physiologique et émotionnelle. Il ne s'agit donc pas de standardiser. Il s'agit de libérer par des invariants permettant d’explorer toute la variance gestuelle footballistique.
4.7. Un modèle footballistique de la « réserve autonome de protection »
À partir de cette réflexion, je propose de considérer cinq niveaux footballistiques de la « réserve autonome de protection ».
Niveau 1. La capacité potentielle ou ce que le joueur peut théoriquement produire dans des conditions optimales.
Niveau 2. La capacité protégée ou ce que l'organisme choisit de ne pas exprimer afin de préserver son intégrité.
Niveau 3. La capacité exprimable ou ce que le joueur est réellement capable de produire volontairement dans une situation donnée.
Niveau 4. La capacité footballistique ou la part de cette capacité qui peut être exprimée avec précision dans les contraintes du jeu.
Niveau 5. La capacité répétable ou la part de la performance qui peut être reproduite après récupération partielle et sur la durée du match.
Il convient toutefois d'ajouter une relation transversale entre ces niveaux. Plus le coût nécessaire à l'expression augmente, plus un intérêt pour de la protection peut augmenter. À l'inverse, plus l'expression devient coordonnée, efficiente et économiquement maîtrisée, moins le besoin de cette protection se fait sentir.
Ce modèle permet de comprendre pourquoi le développement de la performance ne consiste pas nécessairement à augmenter uniquement une capacité potentielle. Il consiste surtout à augmenter la part de cette capacité qui peut être exprimée sans coût inutile.
4.8. Réduire la réserve ou réduire le besoin de cette réserve ?
La question initiale peut alors être reformulée. Il ne s'agit plus de savoir « comment réduire la réserve autonome de protection ? » mais « comment réduire les situations qui rendent nécessaire cette protection ? ».
Cette formulation est beaucoup plus intéressante. Elle oblige le PPF à regarder les causes potentielles de l'empêchement de la production d’une gestuelle footballistique performante, qui peuvent être une mauvaise coordination, une fatigue excessive, un déficit de récupération, des tensions inutiles, des contraintes mécaniques mal réparties, une mauvaise organisation posturale, de la précipitation, une mauvaise gestion des appuis, un déficit d'apprentissage moteur, une surcharge énergétique ou encore un stress perceptif ou émotionnel.
La préparation physique footballistique devient alors un travail de désentravement. Il ne s'agit plus seulement d'ajouter. Le PPF doit aussi enlever l’excessif, c’est-à-dire enlever les tensions et les dépenses inutiles, les compensations et les contraintes qui empêchent l'expression. L’idée est d’en faire moins pour permettre de faire davantage selon le principe « Less is more ».
Conclusion

La « réserve autonome de protection » ne doit pas être comprise comme une quantité fixe d’énergie cachée que l'entraînement physique footballistique permettrait mécaniquement de libérer. Elle constitue plutôt une notion permettant de réfléchir à l'écart entre la capacité potentielle d'un joueur et ce qu'il est réellement capable d'exprimer sur un terrain. Dans cette perspective, une des problématiques majeures que la préparation physique footballistique doit résoudre sont les empêchements que le joueur subit pour exprimer son énergie.
Ces empêchements peuvent être énergétique, mécanique, neuromusculaire, coordinatif, perceptif ou émotionnel. Lorsqu'un de ceux-ci devient chronique, il contribue à rendre la performance physique footballistique plus coûteuse. Or plus la performance devient coûteuse, plus l'organisme peut avoir intérêt à protéger ses ressources. C'est ici que se situe, selon moi, le paradoxe. Une préparation physique footballistique qui cherche systématiquement à faire dépenser davantage contribue trop souvent à rendre l'expression énergétique plus difficile.
Il ne faut évidemment pas en déduire que la fatigue est à exclure ou que toute surcharge est néfaste. La perturbation est nécessaire à l'adaptation. Mais la fatigue n'est pas l'objectif. L'objectif est l'adaptation. Dans ce cadre, l'adaptation n'est pas seulement la capacité à supporter davantage. Elle est aussi dans la capacité à exprimer davantage. C'est pourquoi la préparation physique footballistique doit moins chercher à demander « jusqu'où peux-tu aller ? » et davantage « jusqu'où peux-tu t'exprimer, à quelle qualité, combien de fois et avec quel coût ? »
Cette question change le regard porté sur l'entraînement physique footballistique. Elle fait passer de la surcharge à la juste charge. De la fatigue à l'adaptation. De la capacité à l'expression. De l'expression à l'efficience et finalement de l'effort à l'excellence. Le joueur performant n'est donc pas nécessairement celui qui tolère le plus de fatigue. Il peut être celui qui conserve le plus longtemps une expression de haute qualité de ses capacités malgré les contraintes footballistiques.
La préparation physique footballistique devient alors un travail de libération. Elle consiste à libérer la gestuelle footballistique et, par ce chemin, le talent footballistique du joueur, en libérant son énergie par la coordination. Elle consiste donc d’abord à libérer le joueur de ce qui l'empêche d'être pleinement lui-même dans sa performance. C'est certainement cela, finalement, entraîner « l'excellence de soi ». Cela n’est pas de demander au joueur de dépasser ce qu'il est, mais de lui permettre progressivement d'exprimer ce qu'il est réellement capable d’être footballistiquement.





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