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Vis ta vitesse footballistique… ne la cherche pas !

  • Photo du rédacteur: xavierblanc
    xavierblanc
  • 21 janv.
  • 11 min de lecture

La qualité physique de la vitesse est aujourd’hui unanimement reconnue comme l’une des qualités déterminantes de la performance athlétique footballistique. Les analyses contemporaines du jeu attestent d’une augmentation constante des actions à intensité maximale, ainsi que du rôle central des déplacements rapides dans les phases décisives. Pourtant, malgré cette reconnaissance largement partagée, la vitesse footballistique demeure fréquemment appréhendée de manière réductrice, comme une simple capacité motrice visant à minimiser le temps nécessaire pour parcourir, d’un point A à un point B, une distance donnée.



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À l’inverse, une approche holistique conduit à concevoir la vitesse footballistique comme un processus vécu, qui se construit dans et par l’action. À l’image du principe selon lequel « le chemin constitue en lui-même l’objectif », tel qu’il est développé par de nombreux philosophes-écrivains, notamment Hermann Hesse par Siddhartha, Paulo Coelho par L’Alchimiste, ou encore Friedrich Nietzsche par une de ses œuvres majeures, Ainsi parlait Zarathoustra… Dans cette perspective, la production de la vitesse footballistique, envisagée comme un chemin, ne relève pas d’une quête d’objectifs chiffrés, mais d’un processus de découverte sensitive.


Ainsi, la vitesse footballistique se développe de l’intérieur, à travers les sensations, les perceptions et les ajustements réactifs face aux contraintes du jeu. Elle devient indissociable des dimensions techniques, perceptives, neuromusculaires et décisionnelles du jeu, s’inscrivant pleinement dans une logique écologique où le joueur se déplace rapidement en fonction d’un contexte donné. Dès lors, la vitesse maximale footballistique n’est pas recherchée comme un objet isolé, mais émerge progressivement de sa répétition contextualisée car, comme le dit le proverbe… « c’est en forgeant que l’on devient forgeron ».


Cette conception implique pour le joueur de prendre conscience des modalités par lesquelles il produit sa vitesse footballistique afin de l’optimiser par la compréhension de son fonctionnement. À cette fin, le présent propos s’organise en deux parties. La première vise à mieux saisir les dimensions constitutives de la vitesse footballistique dans le but d’en favoriser la conscientisation. La seconde cherche à développer le ressenti sensitif de cette conscientisation pour optimiser la production de la vitesse footballistique.


1. Comprendre la vitesse footballistique

Pour comprendre la vitesse footballistique, je propose de l’aborder comme une mentalité, une qualité complexe, une organisation multi-dimensionnelle, une valeur relative et une énergie alacrite.

 

1.1. La vitesse footballistique est une mentalité et une philosophie d’action physique footballistique

Si jusqu’à la fin des années 90, la technique était le football, progressivement le physique a montré son importance pour faire face à la compétitivité accrue des championnats. À tel point que certains clubs ont investi stratégiquement dans le physique du football pour gagner. Par cette impulsion, l’évolution des intensités est devenue telle qu’aujourd’hui, que même les artistes du ballon doivent non seulement être vites, mais aussi consistants pour devenir robustes sous peine de ne pas pouvoir exprimer leur talent footballistique. Cette évolution se synthétise par la phrase,  « Si le physique n’est pas le football, sans le physique le football n’existe pas ».

 

Cette évolution « physique » peut être considérée comme une péjoration ou une magnification du football. Pour certains, le physique footballistique détermine le choix des joueurs et de la tactique. À ce titre, il devient l’identité d’une équipe, donc sa finalité de jeu, ce qui, pour beaucoup, dénature le football. Pour d’autres, le physique footballistique est au service des joueurs pour qu’ils puissent mettre en musique leurs talents individuel et collectif dans les bons tempo et intensité.

 

Dans cette seconde perspective, le physique est donc un moyen pour bien jouer au football. Dans ce cadre, il est communément admis que le physique footballistique est un mixte entre l’endurance, la force et la vitesse. Or, cette juxtaposition doit être hiérarchisée pour performer, sinon le physique footballistique peut facilement être victime d’interférences négatives et devenir un Gloubi-boulga insipide. À cette fin, il revient aux préparateurs physiques footballistiques (PPF) de choisir leur option stratégique en décidant quelle qualité physique est la tête de gondole de leur concept de préparation physique footballistique. Puis d’organiser et de calibrer les autres qualités physiques en type, en volume et en intensité pour qu’ils la dynamisent.  

 

Pour ma part, comme je considère que le football est un sport de vitesse, il est cohérent que c’est par la vitesse footballistique que je cherche à développer le physique footballistique des joueurs. À ce titre, si la vitesse est le moyen pour atteindre cet objectif, elle doit être elle-même dynamisée qualitativement par la force et quantitativement par l’endurance. 

 

De fait, entraîner le physique footballistique par la vitesse s’assimile à adopter une mentalité, respectivement une philosophie d’action, « vitesse », faite de réactivité, de légèreté, de facilité et d’élégance qui imprègnent transversalement toutes les composantes du football. Le but est que le joueur soit libéré de son physique, à savoir qu’il domine coordinativement et métaboliquement son corps pour exprimer un football exempt de freinages et de blocages technico-physiques.

 

1.2. La vitesse footballistique comme qualité complexe et systémique

Il est acceptable et compréhensible aujourd’hui que la vitesse en football ne se réduise pas à la seule capacité à sprinter rapidement en ligne droite. En situation de match, la majorité des actions décisives s’effectuent sur de très courtes distances, généralement inférieures à 20 mètres, sous de fortes contraintes temporelles, spatiales et informationnelles. La vitesse footballistique résulte ainsi de l’interaction dynamique entre :

- la coordination intersegmentaire et le relâchement neuromusculaire

- la perception de l’environnement et la prise de décision

- un niveau de biotenségrité adapté aux types et aux intensités des efforts

- la performativité technique des gestes de déplacement et de frappe par un contrôle moteur pertinent

- la capacité à réitérer des efforts maximaux dans un contexte d’intermittence de plus en plus saccadée


1.3. La vitesse footballistique comme organisation neuromusculaire, émotionnelle et coordonnée

Vivre sa vitesse footballistique s’assimile à en ressentir les mouvements, ce qui nous émotionne. La vitesse ne se réduit alors pas à une simple production mécanique ou à l’expression maximale de la force musculaire. Elle constitue une organisation globale du système joueur, intégrant coordination, relâchement neuromusculaire et état émotionnel. Elle se manifeste à travers des sensations de légèreté, de fluidité, de réactivité, de continuité et de disponibilité corporelle, révélatrices d’une efficience motrice adaptée aux contraintes du jeu.


Sur le plan sémantique, ces propos trouvent un écho dans l’étymologie même du mot « émotion », issu du latin « movere », signifiant « mettre en mouvement ». Vitesse et émotion partagent ainsi une racine commune. Courir vite footballistiquement ne consiste donc pas uniquement à se déplacer rapidement dans l’espace, mais à réagir de manière ajustée à une information, en s’engageant corporellement et intentionnellement dans l’action. La vitesse devient alors une réponse émotionnelle organisée, adaptée aux exigences du moment.


En conséquence, une vitesse footballistique réellement performante émerge lorsque le joueur se met en mouvement sans crispation excessive, en laissant le geste s’exprimer librement dans un contexte informationnel riche. À l’inverse, la recherche volontaire et forcée de la vitesse maximale tend à rigidifier le corps, générer des tensions parasites et perturber la coordination intersegmentaire. Cette tension excessive altère la qualité de la contraction musculaire et freine l’expression de la vitesse fonctionnelle. Comme le souligne Jacques Piasenta, « c’est la qualité de la décontraction qui détermine la qualité de la contraction ». Cela signifie qu’une contraction de qualité ne naît pas d’un état de tension permanente, mais d’une disponibilité neuromusculaire permettant une activation rapide, précise et coordonnée.


Développer la vitesse footballistique implique ainsi la mise en place de contextes d’entraînement favorisant :

- le relâchement actif et la disponibilité neuromusculaire,

- la justesse du placement corporel,

- la continuité entre intention, décision et action,

- l’association de la vitesse à des sensations de maîtrise et de plaisir plutôt qu’à une injonction de performance.


Ainsi conçue, la vitesse footballistique cesse d’être un objectif isolé à atteindre pour devenir une qualité incarnée, indissociable de l’état émotionnel, attentionnel et coordinatif du joueur. Elle s’exprime comme une émergence fonctionnelle du système joueur-jeu, conditionnée par la qualité de l’organisation motrice plus que par la seule intensité de l’effort.


1.4. Le caractère relatif du niveau de vitesse footballistique

Si l’on admet que la vitesse est fondamentalement contextualisée, alors son niveau d’expression constitue une valeur relative, susceptible d’évoluer rapidement en fonction de l’environnement compétitif. À l’image d’un individu roulant à vitesse élevée sur une longue durée, l’habituation modifie la perception du mouvement, ce qui semblait rapide devient progressivement la norme.


Transposée au football, cette logique implique qu’un joueur perçu comme très rapide dans un contexte donné pourra être considéré comme simplement rapide, voire lent, dans un environnement où les exigences d’intensité sont supérieures. Cette relativité conditionne les comportements moteurs. Lorsqu’un niveau de vitesse suffit à faire la différence, le joueur n’est pas incité à explorer des niveaux supérieurs.


L’enjeu consiste alors à le libérer de sa contextualisation externe pour faire émerger un niveau de vitesse maximale footballistique plus absolu, fondé sur le ressenti. Le joueur découvre ainsi que ses limites sont souvent davantage mentales, voire émotionnelles, que physiologiques. Leur déplacement vers le haut passe par une compréhension et une formalisation sensitive de sa propre vitesse, permettant de lever les blocages internes.


1.5. La vitesse footballistique est une énergie alacrite

La capacité à répéter des efforts d’intensité maximale dépend étroitement de la fraîcheur neuromusculaire, de la gestion fine des charges d’entraînement et de la qualité de récupération. Une vitesse footballistique qui se maintient suppose donc une planification intégrée, qui combine alternance de charges et récupération, respect du développement biologique du joueur et attention à l’état émotionnel et physique global.


Dans cette optique, il est crucial de repenser la forme physique comme une ressource à entretenir tout au long de la saison, et non comme un simple objectif ponctuel à atteindre en début de préparation. La forme n’est pas l’absence de fatigue ponctuelle, mais un état d’adaptabilité physiologique et neuromusculaire, une disponibilité corporelle qui permet au joueur de produire des actions rapides avec efficacité, consistance et lucidité, tout en mobilisant ses réserves énergétiques avec un minimum de coûts inutiles.


À l’inverse, entraîner la méforme, c’est imposer des charges trop élevées, chroniquement mal récupérées ou mal modulées, ne fait que majorer fatigue, désadaptation et fragilité. Ce processus insidieux, parfois qualifié de burn-in, se manifeste par une baisse de coordination, une perte de réactivité, une altération de la régulation nerveuse et, finalement, une détérioration de la performance générale et plus particulièrement de la vitesse footballistique.


La forme physique, nécessaire à la production d’une vitesse footballistique performante, doit donc être cultivée par une gestion intelligente des charges, notamment :

- en entraînant à des intensités proches de la performance réelle, mais modulées (par exemple entre 85 % et 95 %), pour stimuler l’adaptation sans surcharger inutilement le système.

- en intégrant des séances dédiées à la récupération active et à la régénération neuromusculaire (mobilité, respiration contrôlée, activation parasympathique), afin de soutenir la ressource corporelle.

- en adoptant une gestion ondulo-pointilliste des charges, alternant variations d’intensité et de volume dans un rythme maîtrisé plutôt qu’une progression linéaire rigide.


Ainsi, l’énergie alacrite consubstantielle à la vitesse footballistique, qui s’exprime par un haut niveau de vivacité, de disponibilité et de réactivité, n’est pas seulement une conséquence de l’entraînement, mais l’expression d’un équilibre dynamique entre charge, récupération et sensibilité corporelle. Elle reflète une forme physique fonctionnelle et durable du joueur, permettant à la vitesse footballistique de s’exprimer non comme une force brute, mais comme une énergie libérée, maîtrisée et renouvelable.


2. Saisir sa vitesse en la vivant par ses sensations

Plutôt que de chercher à maximiser une valeur abstraite, une approche holistique de la vitesse vise à optimiser son expression fonctionnelle. Elle place la vitesse footballistique au cœur d’un processus articulant sensitivité, qualité du mouvement, spécificité et progressivité.

 

2.1. La vitesse s’accueille et ne se brusque pas

La recherche exclusive de la vitesse maximale présente plusieurs limites. Les seuils communément utilisés pour définir la vitesse footballistique sont souvent arbitraires et peu représentatifs des profils individuels et des contextes de jeu. De plus, cette approche favorise fréquemment des stratégies motrices basées sur une tension excessive, par irradiation et co-contraction musculaires, au détriment de la coordination.

 

De fait, la performance motrice optimale repose sur une organisation du mouvement minimisant les contraintes inutiles. En conséquence, la vitesse ne se force pas. Elle s’accueille. La brusquer en la cherchant conduit à des blocages internes, à une perte de coordination et à des crispations musculaires telle que la fameuse barrière de vitesse bien connue des sprinters. La vitesse apparaît alors comme une conséquence naturelle d’un mouvement bien coordonné.

 

2.2. La vitesse footballistique s’entraîne sensitivement

S’entraîner à la vitesse footballistique de manière sensitive consiste avant tout à identifier, à reconnaître et à formaliser les sensations qui accompagnent sa vitesse. Il s’agit pour le joueur de repérer ce qui, dans son corps et son mouvement, signale une vitesse de qualité, soit d’identifier et/ou de produire des sensations de légèreté, de facilité, de réactivité, de fluidité, d’harmonie et de continuité gestuelle. Ces sensations constituent les véritables indicateurs internes de la vitesse footballistique, bien plus pertinents que des valeurs chiffrées isolées.


Dans un premier temps, le travail consiste à mettre des mots sur ces ressentis, à les rendre conscients. Le joueur apprend à différencier ce qui relève d’une vitesse libérée de ce qui relève d’une vitesse forcée. Cette formalisation sensorielle permet ensuite un second temps fondamental de trier, d’ordonner et de hiérarchiser ces sensations, afin d’identifier celles qui favorisent l’efficience motrice et celles qui, au contraire, génèrent crispations, pertes de coordination ou dépenses énergétiques excessives.


L’enjeu est donc d’écouter ses sensations de vitesse en se connectant avec son corps. Cela consiste à accepter de ne pas chercher systématiquement à forcer sa vitesse footballistique pour la découvrir, mais d’aller jusqu’à ses limites du moment, sans les dépasser volontairement. À l’image d’un squat réalisé avec l’intention de fournir le minimum d’effort nécessaire pour vaincre la résistance, l’objectif n’est pas d’écraser la charge, mais de la déplacer avec justesse, économie et contrôle. C’est précisément cette économie d’effort qui permet une meilleure organisation neuromusculaire et une plus grande qualité de mouvement.


En ce sens, progresser en vitesse footballistique ne suppose pas d’aller à l’échec ou au dépassement systématique à chaque répétition, mais d’évoluer coordinativement au contact de ses limites, dans une zone d’intensité maîtrisée. Par le phénomène d’habituation, ces limites se déplacent progressivement vers le haut. Ce qui était initialement perçu comme exigeant devient confortable, puis naturel. Le principe du « more is less » s’opère alors ici pleinement. Le moins de tension volontaire et de sur-engagement donnent davantage de vitesse effective, de réactivité et d’efficience.


Les entraînements sensitifs ont ainsi pour vocation de cultiver les sensations favorables de vitesse et de se laver des sensations de blocage et de freinage. En respectant le rythme d’adaptation du joueur, en évitant « la précipitationnite » et « la forcite », la vitesse footballistique s’élève progressivement, non par contrainte, mais par émergence. Elle devient une qualité vécue, maîtrisée et durable, au service de l’expression du jeu et du talent des joueurs.


2.3. Des PPFs qui montrent le chemin

Une telle approche ne peut toutefois se déployer sans un accompagnement éclairé. Le rôle du PPF dépasse alors largement la simple planification des charges ou la sélection d’exercices. Il devient un guide du processus expérientiel, un médiateur entre le vécu corporel du joueur et les exigences qualitatives de la production de la vitesse footballistique.


La vitesse footballistique étant étroitement liée aux états émotionnels, attentionnels et motivationnels, le PPF doit avoir la capacité de percevoir et de réguler les contextes susceptibles de favoriser ou d’entraver son expression. Stress, précipitation, peur de l’échec, volonté excessive de bien faire ou, à l’inverse, relâchement inadapté, constituent autant de freins internes pouvant altérer la qualité de la vitesse produite.


Dans cette perspective, guider ne signifie pas imposer, mais orienter. Il s’agit de créer des situations d’entraînement qui invitent le joueur à explorer, ressentir et ajuster, par entraînements proprioceptifs plutôt qu’à exécuter. Par son regard, ses consignes et ses feedbacks, le PPF aide le joueur à mettre des mots sur ses sensations, à identifier les états corporels favorables et à reconnaître ceux qui limitent son expression.


Montrer un chemin, comme Apolonius le prônait pour tout enseignant, c’est également accepter qu’il soit singulier. Chaque joueur possède sa propre manière de produire sa vitesse, son propre rythme d’apprentissage et ses propres repères sensoriels. Le rôle du PPF consiste alors à respecter cette individualité tout en l’inscrivant dans une cohérence collective et compétitive.


En ce sens, le PPF n’est pas celui qui « donne » la vitesse, mais celui qui crée les conditions pour qu’elle émerge. Il accompagne le joueur vers une appropriation intime de sa vitesse footballistique, pour devenir celle-ci, afin que celle-ci puisse s’exprimer librement, efficacement et durablement dans le jeu.


3. En synthèse

Pour ce post, le rôle du PPF ne se limite pas à la prescription d’exercices ou de charges. Il consiste à accompagner le joueur dans la compréhension de ses sensations, de ses états émotionnels et de leur influence sur la production de sa vitesse. Le PPF devient un guide du processus, aidant à identifier ce qui freine ou libère, et à créer les conditions favorables à l’émergence d’une vitesse incarnée.


L’injonction « Ne cherche pas ta vitesse maximale, vis-la » invite ainsi à dépasser une vision strictement quantitative. En football, la vitesse ne se mesure pas seulement. Elle se manifeste en émotionnant, en s’incarnant et se vivant dans l’action, à travers l’interaction permanente entre le corps, le jeu et l’environnement. Chercher à vivre sa vitesse plutôt qu’à la maximiser, c’est être complètement immergé sans barrières dans le jeu et ainsi potentialiser le talent du joueur par son physique.

 

 
 
 

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